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Pricing · Août 2026 · ~12 min de lecture · Par TAKEYS

Basse saison Airbnb : remplir son calendrier de septembre à décembre

L'été retombe, les demandes se font rares et la tentation de tout brader arrive. Voici comment un exploitant sérieux remplit son calendrier jusqu'au 31 décembre.

Basse saison Airbnb : remplir son calendrier de septembre à décembre

Fin août, les demandes ralentissent. Les réservations d'été sont derrière vous, le calendrier de septembre affiche des trous, et octobre ressemble à un désert. C'est le moment où beaucoup d'exploitants commettent l'une de ces deux erreurs : ne rien toucher en espérant que la demande revienne toute seule, ou casser les prix de 40 % en une soirée de panique. Les deux coûtent cher, et les deux se voient encore sur les calendriers en janvier.

La basse saison ne se subit pas, elle se travaille. Un logement bien géré peut maintenir un taux d'occupation solide de septembre à décembre, à condition d'agir sur les bons leviers, dans le bon ordre, et au bon moment. Cet article détaille la méthode complète : lire votre propre saisonnalité, ajuster les prix sans les détruire, ouvrir le moyen séjour, adapter l'annonce à l'automne, utiliser les promotions sans tomber dans la spirale du discount, et préparer décembre dès octobre.

Lisez votre propre saisonnalité avant de toucher à quoi que ce soit

Premier réflexe : sortir vos chiffres. Pas ceux du marché en général, les vôtres. Exportez vos réservations des deux dernières années et regardez trois indicateurs semaine par semaine : le taux d'occupation, le prix moyen réellement obtenu, et le délai entre la réservation et l'arrivée. Ces trois courbes racontent votre basse saison à vous, qui ne ressemble pas forcément à celle du logement d'en face.

La demande d'automne n'a pas le même visage selon la ville. À Toulouse, elle est portée par les déplacements professionnels : l'aéronautique tourne toute l'année, les salons et les congrès reprennent en septembre, la rentrée universitaire amène des familles en visite et des séjours d'installation. Résultat : des séjours plus courts, réservés plus tard, concentrés du lundi au jeudi, et des week-ends qui se remplissent au rythme des événements sportifs et culturels. Nous avons détaillé cette mécanique dans notre guide pour maximiser vos revenus à Toulouse.

À Marrakech, le schéma s'inverse : l'automne est une haute saison qui ne dit pas son nom. Les températures redeviennent agréables après la fournaise de l'été, les vacances de la Toussaint remplissent la fin octobre, et la demande européenne reste soutenue jusqu'aux fêtes. Si vous exploitez là-bas, votre problème n'est pas de remplir, mais de ne pas vendre trop tôt à un prix trop bas. Nous avons chiffré cette saisonnalité dans notre article sur ce que rapporte un Airbnb à Marrakech.

Sur un littoral, troisième profil : la demande de courts séjours s'effondre après septembre, mais une autre apparaît, celle des longs séjours d'hivernage. Retraités qui fuient l'hiver, télétravailleurs qui cherchent la mer sans la foule, propriétaires dont la résidence principale est en travaux : des séjours de trois semaines à trois mois, parfois réservés dès septembre pour janvier. Ce public ne se capte pas avec les mêmes réglages que le vacancier d'août.

Concrètement : bâtissez un tableau simple avec vos seize semaines de septembre à décembre en lignes, votre occupation des deux dernières années en colonnes, et notez pour chaque semaine la demande dominante observée : professionnelle, loisir, événement, long séjour. Toute décision de prix qui suit doit s'appuyer sur ce tableau, pas sur une impression ni sur ce que fait le voisin.

Baissez le tarif de nuit, mais tenez un plancher

Oui, vos prix d'automne doivent être plus bas que vos prix d'août. La demande a baissé, la concurrence visible sur les plateformes a augmenté, et le voyageur d'automne compare davantage. Refuser de baisser, c'est laisser le calendrier vide et perdre à la fois le revenu et la dynamique de l'annonce : un calendrier qui ne convertit plus recule dans les résultats de recherche, et le trou se creuse tout seul.

La question n'est donc pas de savoir s'il faut baisser, mais jusqu'où. La réponse tient en un mot : le plancher. Le plancher, c'est le prix de nuit en dessous duquel accueillir un voyageur vous coûte de l'argent ou use votre logement pour rien. Il se calcule, il ne se ressent pas.

Prix plancher par nuit = (coût du ménage + linge + consommables) divisé par la durée moyenne de séjour, plus les charges variables par nuit (énergie, eau, internet au prorata), plus une marge d'usure de 10 à 15 %. En dessous de ce prix, vous ne vendez pas une nuit : vous financez les vacances de quelqu'un d'autre.

Exemple chiffré : ménage et linge à 60 euros, durée moyenne de trois nuits, charges variables de 12 euros par nuit. Le point mort se situe à 32 euros la nuit, et le plancher avec marge d'usure autour de 36 à 38 euros. Si le marché ne paie pas ce prix en novembre, la bonne réponse n'est pas de vendre à 25 euros : c'est de changer de produit, en allongeant la durée minimum de séjour ou en basculant vers le moyen séjour, on y vient plus bas.

Le deuxième levier, trop souvent oublié : la durée minimum de séjour. En automne, une nuit isolée du mardi coûte un ménage complet pour un revenu faible. Plutôt que de baisser encore le prix, testez une durée minimum de deux nuits en semaine, et relâchez-la à une nuit uniquement à courte échéance, pour combler les trous de dernière minute. Vous vendez moins de séjours, mais chaque séjour vaut la peine d'ouvrir la porte.

Enfin, la fréquence d'ajustement compte autant que le niveau. Un prix réglé en septembre est faux en novembre. Si vous ajustez à la main, faites-le chaque semaine, un créneau fixe dans l'agenda. Si vous préférez déléguer à un outil de tarification dynamique, nous avons comparé les deux approches chiffres en main dans notre test PriceLabs contre tarif fixe. Dans les deux cas, le plancher reste votre garde-fou : aucun outil, aucune promotion, aucune panique de dernière minute ne doit pouvoir descendre en dessous.

Ouvrez le moyen séjour : la semaine et le mois

La demande de moyen séjour monte précisément quand la demande touristique retombe. Trois profils dominent l'automne : le télétravailleur qui pose ses valises deux semaines à un mois, le salarié ou le consultant en mission qui cherche mieux qu'un hôtel pour trois semaines, et la personne entre deux logements, après une vente, une séparation ou pendant des travaux. Ces voyageurs ne regardent pas le prix de la nuit : ils regardent le prix du mois, la qualité du wifi et le confort de travail.

Pour capter cette demande, trois réglages : ouvrez votre calendrier aux séjours de 28 nuits et plus, affichez une réduction hebdomadaire et une réduction mensuelle claires, et vérifiez que votre annonce répond aux questions de ce public, on y revient dans la section suivante. Un logement qui accepte le mois apparaît dans des recherches où la concurrence est nettement plus faible qu'en courte durée, et où la décision se prend souvent sans visite.

Le moyen séjour change l'exploitation, et mieux vaut l'anticiper que le découvrir. Le ménage passe d'une prestation par séjour à un rythme à définir : proposez un ménage intermédiaire hebdomadaire ou bimensuel, inclus ou facturé, mais écrit noir sur blanc avant l'arrivée. Le linge suit la même logique : soit un change hebdomadaire inclus, soit une machine à laver à disposition avec lessive fournie. Prévoyez aussi l'usure : un séjour d'un mois sollicite plus la literie et l'électroménager que quatre week-ends espacés, et votre réduction mensuelle doit en tenir compte. D'où l'intérêt d'un plancher mensuel calculé à part, distinct du plancher nuit.

Reste la question de fond : à partir de quand le moyen séjour répété devient-il plus intéressant qu'une exploitation courte durée classique, voire qu'un bail longue durée ? La réponse dépend de la ville, du régime fiscal et de votre tolérance à la gestion, et nous l'avons traitée en détail dans notre comparatif Airbnb ou location longue durée. La bonne nouvelle : en automne, vous n'avez pas à trancher définitivement. Le moyen séjour est un mode saisonnier, que vous refermez au printemps quand la courte durée redevient reine.

Un point de vigilance pour finir : au-delà de certaines durées, et selon le statut du logement, un séjour peut relever d'un autre cadre juridique que la location meublée de tourisme. Avant d'accepter un séjour de plusieurs mois, vérifiez les règles applicables à votre situation, notamment la durée maximale et les obligations déclaratives du loueur.

La Bible TAKEYS, c'est notre bibliothèque privée pour exploitants : grilles de calcul de plancher, modèles de messages voyageurs, checklists saisonnières et retours d'exploitation terrain, en accès libre après inscription sur takeys.fr/bible/register.html.

Retravaillez l'annonce pour l'automne

Votre annonce a probablement été écrite au printemps, avec des photos de terrasse ensoleillée et un titre qui vend la climatisation. En octobre, ce discours travaille contre vous. Le voyageur d'automne cherche du chaud, du confortable et du fonctionnel : montrez-le-lui dès la première photo.

Commencez par réordonner la galerie. En tête : le salon en lumière chaude, lampes allumées, plaid sur le canapé ; la chambre avec une couette épaisse ; la baignoire si vous en avez une ; le coin bureau. Reléguez la piscine et la terrasse en fin de galerie : elles rassurent, mais elles ne vendent plus. Si vous n'avez aucune photo d'intérieur prise en soirée, bloquez une heure un soir de semaine pour les faire : c'est probablement l'action au meilleur rendement de tout cet article.

Le titre ensuite. Un titre est une promesse saisonnière : un T2 climatisé avec terrasse plein sud vend en juillet, pas en novembre. Passez à ce que votre voyageur d'automne cherche réellement : un cocon chaleureux avec baignoire et vrai bureau pour une cible mixte, ou un logement calme avec fibre, bureau et parking si votre demande est professionnelle. Le bon titre d'automne se déduit de votre tableau de saisonnalité : il parle à la demande dominante que vous avez identifiée, pas à tout le monde.

Les équipements enfin. Quatre éléments font la décision en automne : le bureau (une vraie table, une vraie chaise, pas un angle de comptoir), le wifi avec un débit chiffré et annoncé dans la description, le chauffage décrit précisément (type, pièces couvertes, réglable ou non), et la baignoire. Ajoutez la machine à laver et le lave-vaisselle si vous visez le moyen séjour : personne ne réserve trois semaines sans se poser la question. Cochez les champs correspondants dans la plateforme, mais écrivez-les aussi dans le texte : les filtres de recherche lisent les cases, les voyageurs lisent la description.

Un dernier mot sur la description elle-même : réécrivez le premier paragraphe pour la saison. Deux phrases suffisent : à qui le logement convient en automne, et ce qu'on y trouve pour bien vivre quand la nuit tombe à 18 heures. Vous remettrez la version estivale en avril. Dix minutes deux fois par an, et une annonce qui colle en permanence à ce que les gens cherchent au moment où ils cherchent.

Des promotions intelligentes, pas un discount permanent

Les plateformes vous proposent des promotions à chaque connexion. Certaines sont de bons outils, d'autres des pièges. La différence tient en une question : la promotion cible-t-elle une demande précise, ou essaie-t-elle simplement d'acheter du volume à n'importe quel prix ?

Les réductions de durée d'abord. La réduction hebdomadaire, autour de 10 à 15 %, et la réduction mensuelle, entre 20 et 30 %, sont saines par construction : elles échangent une remise contre une baisse réelle de vos coûts, avec moins de ménages, moins de trous entre les séjours et moins de gestion. Calibrez-les avec vos chiffres, pas avec les valeurs suggérées par défaut : la remise mensuelle ne doit jamais faire passer le mois sous votre plancher mensuel.

Remise maximale sur un long séjour = économies réelles générées (ménages évités + nuits de trou évitées + temps de gestion réduit) rapportées au prix du séjour. Si une remise de 25 % ne vous économise que l'équivalent de 10 % de coûts, les 15 points d'écart sortent de votre poche.

Les offres early-bird ensuite. Les vacances de fin d'année se réservent tôt : proposer dès octobre un tarif préférentiel sur les séjours de fin décembre attire les voyageurs organisés et sécurise votre trésorerie avant l'hiver. Une seule règle : l'offre a une date de fin annoncée, par exemple le 15 novembre, après laquelle les prix remontent. Une offre sans échéance n'est pas une offre, c'est une baisse de prix déguisée.

Et puis il y a la spirale à éviter : le discount permanent. Le mécanisme est toujours le même. Vous baissez de 10 %, cela réserve un peu, puis cela se calme, alors vous baissez encore, et trois mois plus tard votre prix affiché n'a plus de logique, votre positionnement a glissé, et remonter devient impossible sans traverser des semaines de calendrier vide. Les remises empilées en continu attirent par ailleurs une clientèle qui choisit uniquement au prix, statistiquement plus exigeante en discussion et moins soigneuse avec le logement. Retenez une définition simple : une promotion est un outil daté, ciblé et chiffré. Trois promotions permanentes superposées, ce n'est pas une stratégie commerciale, c'est un mauvais prix.

Préparez décembre dès octobre

Décembre est un mois à deux visages : des semaines creuses en début de mois, puis deux semaines de fêtes qui peuvent valoir un demi-mois de haute saison. Ce contraste se gère en octobre, pas le 10 décembre.

Côté prix, verrouillez les fêtes tôt. Les séjours de Noël et du Nouvel An se réservent en général avec six à dix semaines d'avance : dès octobre, positionnez ces deux semaines à un tarif ferme et élevé, avec une durée minimum de trois ou quatre nuits pour éviter que la nuit du réveillon ne parte seule et ne bloque toute la semaine. Et si ces dates ne partent pas en novembre, résistez à la tentation de les brader : la demande de dernière minute existe sur les fêtes, et c'est une demande qui paie.

Côté règles de la maison, le réveillon exige un cadre écrit. Précisez noir sur blanc : le nombre maximal de personnes présentes dans le logement, et pas seulement le nombre de dormeurs ; la politique sur les fêtes et les nuisances sonores ; l'existence éventuelle d'un capteur de niveau sonore, à déclarer dans l'annonce ; et le montant de la caution. Un message de confirmation qui rappelle ces règles quelques jours avant l'arrivée évite l'essentiel des discussions pénibles du 1er janvier.

Côté logistique, anticipez : vos prestataires de ménage ont eux aussi des fêtes de fin d'année. Bloquez dès novembre les créneaux du 26 décembre et du 2 janvier, les deux rotations les plus tendues de l'année, et prévoyez un jeu de linge de secours complet. Un départ le 1er janvier à 11 heures suivi d'une arrivée le jour même ne s'improvise pas, et c'est exactement le genre de rotation qui fait ou défait un commentaire cinq étoiles.

Pensez enfin au début décembre, le vrai point faible du mois : marchés de Noël, séjours shopping, derniers déplacements professionnels de l'année. C'est aussi la période idéale pour caler un dernier séjour moyen terme de trois semaines qui se termine juste avant les fêtes : le creux est rempli, et vos deux semaines en or restent libres pour la clientèle qui paie le plus.

Ce qu'un exploitant sérieux fait en septembre : la checklist

Résumons la méthode en actions datées, à dérouler sur un mois.

Ensuite, une routine hebdomadaire de quinze minutes suffit : vérifier les trous à quinze jours, relâcher la durée minimum si nécessaire, ajuster les prix de la quinzaine à venir. La basse saison bien gérée ne rapportera jamais autant qu'un mois d'août, mais elle change complètement le résultat annuel : c'est souvent là que se joue la différence entre un logement qui couvre ses frais et un logement qui dégage un vrai excédent. Pour mesurer précisément cet impact sur votre rentabilité globale, notre méthode pour calculer le vrai ROI de votre location vous donne le cadre complet, du revenu brut au résultat net.

Pour aller plus loin : retrouvez dans La Bible TAKEYS nos grilles de saisonnalité prêtes à remplir, nos modèles de règles de maison pour les fêtes et nos checklists d'automne, accessibles gratuitement après inscription sur takeys.fr/bible/register.html.

  1. Insee : statistiques officielles de fréquentation des hébergements touristiques en France, qui documentent la saisonnalité de la demande mois par mois et ville par ville.
  2. Atout France : agence de développement touristique de la France, analyses des flux et des tendances de fréquentation, notamment sur les ailes de saison.
  3. Service-Public.fr, fiche F2043 : cadre réglementaire de la location d'un meublé de tourisme en France, déclaration en mairie et obligations du loueur.